Développer le plaisir d’écrire en classe

Aujourd’hui, je cède ma place à une collègue, Aude, enseignante et fondatrice de l’application Plume. Celle-ci s’est intéressée à tous les enjeux et à la démarche d’écriture que l’on souhaite déployer chez nos élèves. Je vous laisse donc apprécier son approche innovante pour développer le goût de l’écriture.

 

Développer le plaisir d’écrire en classe

Les instructions officielles sont formelles : “L’écriture est une activité qui fait intervenir de nombreuses opérations ou composantes de différentes natures : connaître les correspondances graphèmes-phonèmes, connaître l’orthographe et savoir structurer la phrase, maîtriser le geste graphique et savoir rédiger un texte.” Aussitôt dit, aussi fait ! Ou presque…

Parce que la réalité d’une classe, c’est entre 20 et 30 bambins qui ont des histoires, des profils d’apprentissages et des compétences distincts. Ce n’est donc pas une mince affaire. Lorsque l’on sait que le plaisir d’apprendre est fondamental et que cette appétence spécifique est très forte entre 8 et 12 ans (la période sensible chez Maria Montessori), que cela constitue un puissant facteur pour lutter contre le décrochage scolaire, on se dit, à bon droit, que cela vaut la peine de réfléchir sur les stratégies pour faire écrire nos élèves avec plaisir.

 

Pourquoi est-ce compliqué de les faire écrire ?

Écrire est une activité complexe.

Les savoirs mis en jeu lors de la production d’écrits peuvent ainsi se regrouper en trois grands domaines. Il y a tout d’abord savoirs de l’ordre du situationnel (ou communicationnel), la prise en compte des paramètres de la situation de communication et de la visée du texte. Il s’agit d’adapter la façon dont on parle à son interlocuteur. Il y a ensuite les savoirs de l’ordre du discursif qui concernent l’organisation du discours (la structure du récit, le déroulement de la narration et ses enchaînements de séquences); et enfin les savoirs linguistiques (emploi des indicateurs temporels, formes verbales, ponctuation…). Ce sont aussi, quel que soit le texte, la syntaxe, la morphosyntaxe verbale, l’orthographe…

Toutes ces opérations nous apparaissent assez évidentes et en réalité, elles demeurent assez intuitives; pourtant il est absolument nécessaire d’en avoir bien conscience et de les comprendre, notamment pour des activités de remédiation ou les situation de difficulté ou de blocage de nos élèves.

Trois types d’opérations y apparaissent :

1. La visée du texte (quel destinataire ? quel(s) but(s), quels enjeux ?), sélection et organisation des contenus en fonction de la visée.

2. Les opérations de mise en texte : c’est la rédaction proprement dite, avec la gestion simultanée de toutes les contraintes que l’on connaît.

3. Les opérations de révision : lectures critiques et mises au point du texte par corrections ou par réécriture (s) de tout ou partie du texte. Il ne s’agit pas seulement d’une activité finale (« se relire et corriger ses fautes » avant de « rendre sa copie ») : la révision, comme la planification, intervient à de multiples reprises au cours du processus d’écriture.

 

Alors qu’est-ce qu’on fait ?

Bien tenir son stylo

Les actions les plus simples à mettre en place en cycle 2 : il est possible de proposer des ateliers pour bien tenir son crayon avec les marionnettes à doigts, les monstres à doigts par exemple. L’idée, c’est que l’enfant ne soit pas crispé sur le geste de l’écriture. En cas de difficulté, il existe d’ailleurs des stylos ergonomiques spécialement conçus à cette fin. N’oublions pas, par ailleurs, que l’apprentissage de l’écriture est un geste qui est très long à acquérir et qui nécessite une motricité fine, motricité fine qui est en relation étroite avec le parcours de développement antérieur de l’enfant. En cas de grande difficulté, la prise en charge en ergonomie, graphothérapie est réellement pertinente.

 

Inscrire l’écriture dans une routine

Le plus efficace est d’inscrire l’écriture dans une routine de classe : écrire un blog, se lancer dans un journal de classe, publier un livre, écrire des compte-rendus… Le plus important est que l’acte d’écriture fasse sens pour vos élèves et surtout qu’il s’inscrive dans la régularité, dans un rituel qui revient comme une habitude. L’écriture prend ainsi toute sa place dans la vie de la classe et dans la vie de l’enfant en général. Au même titre que toutes les autres activités.

 

Ecrire à plusieurs

L’écriture à plusieurs est une pratique littéraire bien connue. La collecte d’écrits nous renvoie à la pratique du recueil et au surréalisme par exemple : cadavres exquis, écriture automatique. On écrit une phrase à plusieurs en pliant des papiers pour ignorer ce qu’ont écrit les mains précédentes. Puis on lit, on s’esclaffe, on s’émeut. L’écriture entre pairs permet de mettre en confiance tous les élèves, même les plus fragiles. Il devient aisé de verbaliser ses difficultés et poser ses questions à ses camarades. L’apprentissage s’intensifie quand les inhibitions sont levées, et on sait combien l’apprentissage entre pairs est efficace. Les élèves débattent d’une structure, lisent leurs productions, suggèrent des réécritures, valident les résultats.

 

Trouver des outils de facilitation pour la tâche d’écriture

Une des bonnes astuces pour susciter le plaisir d’écrire est de faciliter la tâche d’écriture. Planifier avec les élèves les différentes étapes de l’écriture est un bon moyen d’amorcer le processus et les mettre en confiance. En fonction du profil des élèves, pourquoi ne pas envisager de laisser le traitement de texte à un groupe d’élèves. Le travail pourra ainsi être réparti au sein du groupe et éventuellement aider ceux qui seraient le plus en difficulté avec la graphie.

 

Trouver des lecteurs

Un des moyens très efficace de développer la motivation et le plaisir d’écrire est de trouver des lecteurs pour vos élèves. Faisons sortir les écrits de la classe, donnons de la valeur à ce qu’ils écrivent. C’est pourquoi il est si important d’imprimer les journaux de classe, d’envoyer aux parents les liens des articles du blog… C’est ainsi qu’écrire prend tout son sens, parce qu’il permet d’être lu. Parce qu’il permet d’entrer en communication avec un groupe, de diffuser ses idées.

 

Et le numérique dans tout cela ?

Quid du numérique, qui transforme en profondeur les formes et les enjeux de l’écriture, jusque dans l’école ? Comment intégrer les outils numériques dans l’apprentissage de l’écriture ?  Le numérique est la nouvelle culture de l’écrit, en particulier pour nos élèves. Il suffit pour s’en convaincre d’observer que la compétence “écrire avec le numérique” a été ajoutée au cycle 3. Tant les claviers et les écrans démocratisent l’écriture; ils transforment les gestes (couper, copier, coller, déplacer …) et les modalités (collaboratives, transformatives, multimédia …) et invitent à créer et penser de nouvelles pratiques scolaires.

 

Utiliser Plume ! Et pourquoi j’ai créé Plume…

J’ai toujours cherché un outil pour faire écrire mes élèves en toute autonomie et de façon à ce qu’ils soient réellement actifs. Le travail d’écriture est une activité qui est fondamentale pour les enfants et un des enjeux du primaire est de créer une pratique vraiment régulière et ludique. Nous n’avons pas assez d’outils et de disponibilité; les élèves les plus fragiles en pâtissent.

Plume est un site qui permet aux professionnels et aux parents de faire écrire régulièrement les enfants de 8 à 12 ans pour les aider à progresser dans leur maîtrise de la langue. Après la création de son profil en ligne, l’enfant est dirigé vers un univers littéraire adapté à ses compétences linguistiques.

 

Découvrir Plume

 

Là, il est invité à choisir le début d’une histoire qu’il devra co-écrire, chapitre par chapitre, pour débloquer la suite du récit. Cette approche permet de devenir acteur de ses apprentissages et mêle étroitement la lecture et l’écriture.

Pour qu’il puisse, au-delà de l’exercice, progresser dans sa maîtrise de la langue, ses écrits sont ensuite corrigés par des professionnels de l’éducation qui l’encouragent et récompensent ses progrès grâce des gratifications, des badges virtuels, qu’il retrouvera dans son espace personnel. Enfin, l’enfant peut imprimer son récit, qui sera agrémenté de belles illustrations, pour le partager avec ses proches et valoriser ainsi sa créativité et ses talents d’auteur.

Belle découverte et en avant l’écriture !

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